Monument (nom masculin, subst. masculin)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Nom masculin 

X e siècle. Emprunté du latin monumentum, « ce qui rappelle, ce qui perpétue le souvenir ».
1. Ouvrage d'architecture ou de sculpture fait pour transmettre à la postérité la mémoire d'une personne illustre ou d'un évènement important. Dresser, ériger, élever un à la gloire d'un grand homme. Monument commémoratif de la victoire. Monument aux morts, érigé pour perpétuer le souvenir des victimes d'une guerre, d'une catastrophe. Spécialt. Monument funéraire ou, absolt. et vieilli, monument, tombeau. Fig. Ce qui consacre le souvenir d'une personne, d'un évènement . Il a voulu faire de cet ouvrage un à la mémoire de son maître.
2. Édifice public ou privé remarquable par sa grandeur, son ancienneté, sa beauté. Les s de l'Antiquité, du Moyen âge. Visiter les s d'une ville. Les s publics. Spécialt. Monument historique, classé et protégé par l'État en raison de son intérêt historique, architectural, etc. Une église classée historique. Mériméefut inspecteur des Monuments historiques. Fig. En parlant des productions de l'esprit, des ouvrages qui, par leur ampleur, marquent l'histoire des hommes et sont consacrés par la postérité. Cet ouvrage est un des plus beaux s du génie humain, de la philosophie. Fig. et fam. Cet homme est un d'érudition, son érudition est immense, hors du commun. Cet individu est un de prétention. Ce livre est un d'ennui.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom masculin 

Ouvrage d'architecture et de sculpture fait pour transmettre à la postérité la mémoire de quelque personne illustre ou de quelque événement important. "Monument glorieux, superbe, magnifique, durable, éternel. Dresser, ériger, élever, consacrer un à la gloire d'un grand homme. Monument aux morts."
Il se dit figurément de Tout ce qui consacre un souvenir. "Les montagnes sont des s des révolutions du globe. Les s du passé, de la civilisation. Un de son amour, de sa vengeance."
Il se dit aussi de Certains édifices publics ou particuliers qui imposent par leur grandeur ou par leur ancienneté. "Les s d'une ville. Les s publics. Les anciens monuments. Les s de l'antiquité, du moyen âge. Nîmes, Arles, Avignon sont remarquables par la beauté de leurs s."
"Les s historiques," Ceux qui sont classés par l'administration des Beaux-Arts pour les préserver de la destruction et les entretenir en bon état.
Il signifie quelquefois Tombeau. "Elle a fait élever un magnifique à son mari." On dit aussi "Monument funéraire."
Il se dit aussi, figurément, des Ouvrages durables de littérature, de sciences et d'arts. "Ce poème, cette histoire est un beau élevé à la gloire de la nation, du héros. Cet ouvrage est un des plus beaux s du génie, de l'esprit humain, de la philosophie."



Dictionnaire d'Emile Littré

Subst. masculin 



 1   Construction faite pour transmettre à la postérité la mémoire de quelque personnage illustre, ou de quelque événement considérable.
BOSSUET: « Moïse parle des choses arrivées dans les premiers siècles comme de choses constantes, dont même on voyait encore dans les peuples voisins et dans la terre de Chanaan des s remarquables »
BOSSUET: « Ils y avaient érigé des s des choses qui leur étaient arrivées »
BOSSUET: « Dresser des s pour la postérité »
ROLLIN: « Les s les plus superbes, les ouvrages de marbre et de bronze qu'on élève à la gloire des grands »
MASS.: « Ils [les descendants des races illustres] ne portent point sur leur front l'orgueil de leur naissance ; ils vous la laisseraient ignorer, si elle pouvait être ignorée ; les s publics en parlent assez, sans qu'ils en parlent eux-mêmes »
VOLT.: « La plupart des s, quand ils sont érigés longtemps après l'action, ne prouvent que des erreurs consacrées »
LEGOUVÉ: « Qu'un pompeux consacrant leur mémoire De ces martyrs de Rome éternise la gloire »
    Absolument. Le Monument, colonne élevée à Londres, en mémoire de l'incendie qui détruisit une partie de cette ville en 1680 et dont on accusa les catholiques.

 2   En général, édifices imposants par leur grandeur, leur beauté, leur ancienneté. Les s d'une ville. D'anciens s.
VOLT.: « J'ai cherché le repos dans ces grands s, D'une âme qui se fuit trompeurs amusements »
VOLT.: « Cessez de mutiler tous ces grands s, Les prodiges des arts consacrés par les temps »
P. L. COUR.: « Mais une terre est détruite, mais le château, les souvenirs, les s, l'histoire... les s se conservent où les hommes ont péri, à Balbek, à Palmyre et sous la cendre du Vésuve »
LAMART.: « Monument écroulé, que l'écho seul habite ! »
    Par extension, statues, bas-reliefs, colonnes, etc. qui proviennent de l'antiquité.
STAËL: « Une autre salle renferme les s tristes et sévères des Égyptiens, de ce peuple chez lequel les statues ressemblent plus aux momies qu'aux hommes »

 3   Dans le style élevé. Tombeau.
RÉGNIER: « Ces rêveurs... ....veulent déterrer les Grecs du »
TRISTAN: « S'il arrivait qu'Auguste entrât au »
TRISTAN: « Qu'on le fasse sans bruit porter au »
LA FONT.: « Mais la dame voulait paître encore ses yeux Du trésor qu'enfermait la bière, Froide dépouille et pourtant chère ; C'était là le seul aliment Qu'elle prit en ce »
MOL.: « Enfin, seule et toute à moi-même, Je puis envisager cet affreux changement Qui du haut d'une gloire extrême Me précipite au »
BOSSUET: « Et vous, ne viendrez-vous pas à ce triste , vous, dis-je, qu'il a bien voulu mettre au rang de ses amis ? tous ensemble.... environnez ce tombeau »
BOILEAU: « Quel sujet, dira l'un, peut donc si fréquemment Mettre ainsi cette belle aux bords du ? »
J. B. ROUSS.: « Les mânes effrayés quittent leurs s »
MILLEVOYE: « Cette lyre au Avec moi voudra descendre ; Mais qui de vous sur ma cendre Viendra rêver un moment ? »
    On dit aussi funéraire, qui peut être employé dans le langage ordinaire.

 4   Fig. Certains grands objets de la nature. Les montagnes sont des s des révolutions du globe.
MASSON: « Mais comment à ces monts.... Ose-t-on comparer les vains efforts de l'art ? Ce sont les s qu'a laissés la nature, D'un monde qui n'est plus décombres orgueilleux »

 5   Fig. Ouvrages durables de la littérature, des sciences et des arts. Cette statue est un des plus beaux s de l'art.
VOLT.: « Je ne doute pas qu'une édition de Machiavel, avec ce contre-poison à la fin de chaque chapitre, ne soit un des plus précieux s de la littérature »
VOLT.: « Il [Homère] écrivait la guerre la plus mémorable du premier peuple de l'Europe contre la plus florissante nation qui fût encore connue dans l'Asie ; son poëme fut presque le seul de cette grande époque »

 6   Fig. Tout ce qui consacre et manifeste, tout ce qui garde les souvenirs.
BOSSUET: « Qui pourrait assez exprimer le zèle dont elle brûlait pour le rétablissement de cette foi [catholicisme] dans le royaume d'Angleterre, où l'on en conserve encore tant de précieux s ? »
BOSSUET: « Il dit en scellant la révocation du fameux édit de Nantes, qu'après ce triomphe de la foi et un si beau de la piété du roi, il ne se souciait plus.... »
BOSSUET: « Babel, premier de l'orgueil et de la faiblesse des hommes »
RAC.: « Il s'est fait apporter ces annales célèbres.... On y conserve écrits le service et l'offense, Monuments éternels d'amour et de vengeance »
    Par extension.
FÉN.: « Ces dépouilles seront mises sur mon tombeau comme un de la victoire due à mes flèches »
MASS.: « Et s'il [le Seigneur] laisse encore traîner sur la terre des restes infortunés de leur race [des oppresseurs], c'est pour les faire servir de éternel à ses vengeances »
LAMART.: « Peut-être, oui, pardonne, Ô maître de la lyre, Peut-être j'oserais, et que n'ose un amant ? Égaler mon audace à l'amour qui m'inspire, Et, dans des chants rivaux célébrant mon délire, De notre amour aussi laisser un »

HISTORIQUE
    XIIème siècle
     Machab. I, 13: ço est li monumenz que fist Symon en Modin, jusques en cest jor
     ib. II, 12: E les seveli es monumenz de lor peres
    XIIIème siècle
GUI DE CAMBRAI: « L'ont enfoui [un mort] à grant honour ; Li cors fu mis el »
    XVème siècle
E. DESCH.: « Ô Bretaigne, ploure ton esperance ! Normandie, fai son entierrement ; Guyenne aussi et Auvergne, or t'avence ; Et Languedoc, quier lui son »

ÉTYMOLOGIE
    Provenç. monumen, monimen ; cat. ; esp. et ital. o ; du lat. um ou monimentum, de monere, avertir : ce qui avertit, indique.


Signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. masculin 


Ouvrage d'architecture ou de sculpture, fait pour transmettre à la postérité la mémoire de quelque personne illustre, ou de quelque événement important. "Monument glorieux, superbe, magnifique, durable, éternel. C'est un pour la postérité. Dresser, ériger, élever, consacrer un à la gloire d'un grand homme."
Il se dit aussi de Certains édifices publics ou particuliers, qui imposent par leur grandeur ou par leur ancienneté. "Les s d'une ville. Les s publics. Les anciens s. Les s de l'antiquité, du moyen âge. La ville de Rome est remplie de s anciens et modernes. La Bourse de Paris est un beau ."
Il signifie quelquefois, Tombeau; mais, en ce sens, il n'est guère usité que dans le discours soutenu. "Elle a fait élever un magnifique à son époux. Descendre au ." On dit aussi, "Monument-funéraire;" et cette expression peut être employée dans le langage ordinaire.
Il se dit, figurément, de Certains grands objets de la nature. "Les cavernes, les basaltes, les précipices, sont autant de s des révolutions du globe."
Il se dit aussi Des ouvrages durables de littérature, de sciences et d'arts. "Ce poëme, cette histoire est un beau élevé à la gloire de la nation, du héros. Cet ouvrage est un des plus beaux s du génie, de l'esprit humain, de la philosophie. Cette statue, ce tableau est un des plus beaux s de l'art. Cette médaille est un précieux."



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Subst. masculin 


Marque publique pour transmettre à la postérité la mémoire de quelque personne illustre, ou de quelque action célèbre. Mo<-> ment illustre, superbe, magnifique, <-> rable, éternel. C'est un à la postérité, pour la postérité. Dresser, ériger, élever, consacrer un à la gloire d'un Prince, etc. On voit encore de beaux monumens de la grandeurRomaine.
On dit, en parlant Des ouvrages célèbres des grands Auteurs, que "Ce sont des monumens plus durables que le marbre".
Il se prend aussi pour Tombeau; mais en ce sens il n'est guère d'usage dans le discours ordinaire. "Superbe . Beau ". MOQ



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



Marque publique pour transmettre à la postérité la mémoire de quelque personne illustre, ou de quelque action célèbre. "Monument illustre, superbe, magnifique, durable, éternel. C'est un à la postérité, pour la postérité. Dresser, ériger un à la gloire d'un Prince, &c. On voit encore de beaux monumens de la grandeur Romaine."
On dit, en parlant des ouvrages célèbres des grands auteurs, que "Ce sont des monumens plus durables que le marbre."
Il se prend aussi pour Tombeau; mais en ce sens il n'a guère d'usage dans le discours ordinaire. "Superbe . Beau ."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Subst. masculin 

["Monuman".] Marque qui transmet à la Postérité le souvenir de quelque chose de mémorable. '"Monument" d'une victoire. '"Monumens" de la grandeur Romaine. 'Dresser, ériger "un " à la gloire d'un Prince. = Il se dit quelque-fois pour "tombeau;" mais ce n'est que dans la poésie ou la belle prôse, dit "La Touche". Le "Rich. Port." l'admet pour le style soutenu. L'"Académie" l' avait d'abord traité de vieux: Dans la dern. édition, elle dit qu'il n'a guère d'usage dans le discours ordinaire. = * M. de "Belloi" l'a employé dans le sens de "témoin".
   Voilà "de" notre amour "les" premiers "monumens".
dit "Couci", à l'aspect de ces lieux, témoins de ses pûres tendresses. 'S'est-on jamais exprimé de la sorte, dit "Fréron", en parlant des lieux où l'on aima pour la première fois?



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)



Marque publique qu'on laisse à la posterité pour conserver la memoire de quelque personne illustre, ou de quelque action celebre. "Monument illustre, superbe, magnifique, durable, glorieux, éternel. c'est un à la posterité. dresser, eriger un à la gloire d'un Prince. &c. on voit encore de beaux s de la grandeur Romaine".
On dit en parlant des ouvrages celebres des grands autheurs, que "Ce sont des s plus durables que le marbre".
Il se prend aussi, pour Tombeau, mais en ce sens il n'a guere d'usage dans le discours ordinaire.




Emplacement dans le dictionnaire :

montrable
montre
montré
montrée
montrer
montreur
montueux
monture
montûre

monumental
moqué
moque
moquer
moquer (se)
moquerie
moquette
moquettes
moqueur
morâilles
morailles




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Jean MORÉAS (Iphigénie)

...et j'échappe au trépas. Mourrai-je, quand mon sang, ruisselant sous le glaive, en féconde moisson pour mon pays s'élève ? Est-ce donc reposer sous un commun tombeau que d'avoir pour ma cendre un monument si beau ? Car c'est le tertre saint, l'autel de la déesse honneur de l'Ortygie, Artémis chasseresse. Clytemnestre Ô vertu sans égale, ô nouvel argument a mes cris, à mes pleurs, à mon cruel...


Citation n°2 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...méthode, il faut la faire porter autant que possible sur des droits écrits. Les quatre derniers livres du pentateuque, l'exode, le lévitique, les nombres, le deutéronome représentent le plus ancien monument de ce genre que nous possédions. Sur ces quatre ou cinq mille versets, il n'y en a qu'un nombre relativement infime où soient exprimées des règles qui puissent, à la rigueur, passer pour n'être pas...


Citation n°3 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...leur inspiration de la divinité, et si, par suite, le droit et la religion étaient alors intimement mêlés, au moment où furent rédigées les xii tables cette alliance avait certainement cessé, car ce monument juridique a été présenté dès l'origine comme une oeuvre tout humaine et qui ne visait que des relations humaines. On n'y trouve que quelques dispositions qui concernent les cérémonies religieuses,...


Citation n°4 de Louis HÉMON (Maria Chapdelaine)

...les animaux, les servir quand ils revinrent, laver la vaisselle, nettoyer la maison. Tout en vaquant à ces besognes Maria ne cessa pas d'élever à chaque instant un peu plus haut vers le ciel le monument de ses ave ; mais elle ne pouvait plus se servir de son chapelet, et il lui était difficile de compter avec exactitude. Quand la matinée fut plus avancée pourtant elle put s'asseoir près de la...


Citation n°5 de Maurice BARRÈS (Le Voyage de Sparte)

...de remettre l'Acropole dans sa jeunesse, ne gâtez donc pas sa vieillesse. Vous n'êtes intervenu dans la vie de ces ruines que pour appauvrir leur signification. C'est encore une beauté pour un monument dont les premières beautés sont irréparables, s'il est chargé de siècles, d'événements et d'émotion. Le Pensionnaire. -je connais votre point de vue. Il peut se soutenir et même il a été souvent...


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